Sélectionner une page

Quand vous souffrez de troubles anxieux, vous pouvez souffrir de TOC, qui est un trouble particulièrement invalidant. Mais tout d’abord, qu’est-ce qu’un TOC ? C’est une pathologie psychiatrique pouvant survenir dès l’enfance, mais qui prend surtout de l’ampleur à l’adolescence. La plupart de la population touchée n’ose pas en parler.

Il s’agit d’abord de pensées obsessionnelles dont la personne n’arrive pas à se défaire. L’anxiété va augmenter. Ces obsessions peuvent faire souffrir la personne au point où celle-ci pense avoir atteint ses limites. Elle peut commencer à pratiquer des compulsions. Ces compulsions sont des rituels pour soulager les obsessions et donc, l’anxiété devenue insoutenable.

Le problème dans ce trouble, c’est que les personnes gâchent leur vie et leur temps. En effet, les rituels peuvent durer plusieurs heures dans la journée ! Les individus sont conscients de leur trouble mais ne peuvent s’empêcher d’exécuter leurs rituels pour se rassurer : il est donc inutile de les culpabiliser. C’est en effet plus fort qu’eux.

Troubles obsessionnels compulsifs : les principales causes

En réalité, même le domaine médical a du mal à trancher à ce sujet. Les causes peuvent être :

– génétiques

-environnementales

-neuropsychologiques (hyperfonctionnement d’une zone précise du cerveau, manque de neurotransmetteur dont notamment la sérotonine) …

On ne peut donc être vraiment sûrs de ce qui provoque cette pathologie. Je pense qu’il s’agit surtout d’un ensemble et qu’il faut d’ores et déjà posséder un terrain anxieux. Ensuite, par rapport à nos expériences de vie et à notre environnement, nous pourrons ou non développer un TOC. Pour ma part, il s’agit surtout d’une certaine personnalité qui se forge et qui, à force, fera apparaître ce problème. 

Troubles obsessionnels compulsif : pourquoi certaines personnes sont concernées et pas d’autres ?

Je pense que les personnes souffrant de TOC sont des hyper perfectionnistes souhaitant avoir constamment le contrôle de leur vie. Or, étant donné que l’incertitude fait partie de la vie, il est donc impossible de tout savoir à l’avance. Les imprévus arriveront certainement de temps à autre. C’est justement là le problème. Le TOC est la maladie du doute. Quand une pensée les effraient, elles utilisent les rituels. Les rituels sont une sorte de contrôle magique leur faisant croire que tout ira bien …

Il y a en effet dans le TOC une sorte de pensée magique de l’enfant. (Ex : si je réussis à rattraper mon bus, ma journée à l’école se passera bien). Sauf qu’en général, les adultes mettent un peu de côté ce raisonnement. Cependant, certaines personnes l’ont pris comme raisonnement principal. Ce moyen a dû être, à un moment crucial de leur vie, le seul ayant réussi à les apaiser. 

Le problème, c’est qu’au lieu d’apaiser la personne (enfin cela l’apaise, mais 5 minutes), cela reprendra de plus belle et s’amplifiera même. L’individu voudra de plus en plus se sentir rassasié.

 

TOC : les principales formes : l’obession de contamination

Dans ce trouble, il ne s’agit pas que d’une personne maniaque. Non. Cela peut aller bien plus loin. La personne pourra se laver plusieurs fois par jour et ce, pendant des heures, pensant qu’elle est contaminée ou sale. Les microbes déclenchent une peur panique et démesurée chez elle. Elle pourra nettoyer 20 fois sa maison s’il le faut et ce peut être un véritable supplice pour les proches. Il s’agira donc plus d’une obsession d’hygiène.

Il y a également une autre peur de la contamination, mais d’un point de vue plus “psychologique” : si un individu est assez pessimiste ou même carrément atteint d’une maladie, la personne va avoir peur de la fréquenter de trop près de peur d’attraper son “pessimisme” ou sa maladie. Cela revête donc un caractère superstitieux.

TOC : les principales formes : l’obsession du doute et de l’erreur

Dans ce cas-là, la personne, en partant au travail par exemple, va arriver 1 heure en retard car elle va vérifier 100 fois que sa porte d’entrée est bien fermée, ou que le gaz n’est pas ouvert. Elle va également allumer/éteindre la lumière un nombre impressionnant de fois pour être sûre que tout est ok.  

Les causes de ces compulsions peuvent être la peur d’un cambrioleur, que la maison prenne feu, que la facture d’électricité soit exorbitante…

En réalité, ces personnes craignent l’erreur en particulier. Une secrétaire, par exemple, pourra ouvrir à nouveau une enveloppe qu’elle avait fermée pour bien vérifier qu’il n’y ait pas de fautes dans son courrier. Elle relira 20 fois le même mot pour s’assurer qu’il s’agit bien de ce mot qui est écrit.

Que les choses soient claires, cela ne veut pas dire que la personne est bête ou n’a pas de mémoire. Elle SAIT pertinemment avoir bien fait les choses, mais doute d’elle-même surtout, n’a pas confiance en elle et a une peur insoutenable de l’erreur. Elle ne tolère d’ailleurs pas l’erreur.

TOC : les principales formes : l’obsession de malheur et de superstition

Dans ce TOC, l’individu a une peur excessive qu’un malheur ne se produise, pour lui ou ses proches. Il n’arrivera donc pas à se rassurer, vu que l’avenir est incertain. Pour cela, il va mettre en place des rituels, comme toucher un objet un certain nombre de fois, compter mentalement…

Vu qu’il est assez superstitieux, il n’aimera pas certains chiffres, certaines couleurs et devra donc “conjurer le sort” avec des rituels.  

Il croit donc que penser à quelque chose de catastrophique peut faire survenir cette catastrophe et pour empêcher cela, il imaginera un rituel capable de “conjurer” ce malheur. 

La personne pense donc qu’une responsabilité énorme pèse sur ses épaules, alors qu’il n’en n’est rien. Elle ne supporte surtout pas l’inconnu et ne peut tolérer le 1 % qui ferait qu’un malheur puisse arriver. Elle a surtout peur, en réalité, de la mort ou d’une catastrophe imminente.

TOC : les principales formes : l’obsession de symétrie

Ce TOC peut s’apparenter quelque peu au TOC superstitieux, dans la mesure où l’on peut se dire “si je ne place pas cet objet parfaitement, je risque d’avoir un accident grave”. De même, l’individu peut même ne jamais toucher ou bouger un objet de peur que “cela porte malheur”.

Cependant, dans l’ensemble, ce sont des personnes obsédées à l’idée que tout doit être rangé correctement et surtout, de manière symétrique. Elles peuvent passer des heures à mettre en place les objets. Il s’agit surtout de personnes hyper perfectionnistes. 

TOC : les principales formes : l’obsession d’accumulation

Je classe ce trouble dans les TOC mais sachez depuis peu que cette pathologie est maintenant distincte du TOC. On la nomme la “syllogomanie”. 

La personne atteinte de ce trouble ne peut en effet pas se séparer d’un objet, cela créerait une trop grande angoisse. A la place, elle le garde donc. C’est ainsi qu’elle peut se retrouver avec 70 parapluies chez elle par exemple, car “on ne sait jamais, cela peut servir …”

Je connais en effet quelqu’un étant incapable de se séparer de prospectus qu’il avait retrouvés dans sa boîte aux lettres depuis des années. Des cartons remplis de prospectus envahissent donc son appartement. Les invités ont de quoi être surpris …

TOC : les principales formes : les obsessions agressives

Ce TOC est de loin le plus difficile à guérir. Il s’agit surtout d’obsessions : la personne a des pensées totalement contraires à sa vraie nature, son sens moral. Par exemple : peur de se suicider, de tuer quelqu’un, de laisser échapper des insultes dans un moment très inapproprié, d’avoir un fou rire pendant un enterrement, d’être pédophile … 

C’est le plus difficile à traiter car le plus difficile à assumer. Dire à une personne lambda que l’on a peur de “tuer quelqu’un” est en effet assez compliqué à expliquer.  

Concernant cette peur, elle a maintenant un nom à part entière. Il s’agit de la phobie d’impulsion. 

Sachez cependant que le passage à l’acte est considérée comme nul. En effet, une personne souhaitant anéantir quelqu’un n’aura aucun état d’âme, un suicidaire serait au contraire soulagé d’en finir… 

Il y a donc dans ce trouble un cruel manque de confiance en soi et avec tout ce que l’on entend dans les médias, cela n’arrange pas les choses. “Si telle personne a commis une chose atroce, qu’est-ce qu’il l’a fait basculer ? En serais-je également capable aussi ?”.

Mais s’il vous plaît, cessez de regarder les informations si vous êtes trop anxieux ! Cela ne fera effectivement qu’intensifier votre anxiété. Le plus grand problème des informations, c’est qu’elles ne contiennent que celles traitant du malheur dans le monde et oublient totalement ce qu’il s’y passe de génial. Comment voulez-vous donc penser plus positivement ou du moins, de manière plus neutre, si vous êtes acculés d’informations malheureuses à chaque instant ? 

Troubles obsessionnels compulsifs : les solutions

Les principaux traitements des TOC résident principalement dans la Thérapie comportementale et cognitive (TCC) accouplée à des antidépresseurs. 

Les TCC serviront surtout à la personne à passer à l’action sur ce qui lui fait peur au plus haut point et ce, accompagnée de son thérapeute. Par exemple, une personne ayant l’obsession de contamination devra se laver les mains 90 fois au lieu de 100, puis 80, 70 etc … Quand le moment affreux de faire les compulsions surviendra (car il apparaîtra forcément), la personne devra rester courageuse et ne pas céder à celles-ci. Elle devra donc rester dans l’inconfort jusqu’à ce qu’elle comprenne qu’elle en est capable. 

Le thérapeute traitera également les pensées cognitives forcément erronées de la personne. Par exemple : “ma fille a 5 minutes de retard, elle a sûrement eu un accident, elle est décédée, je ne survivrais jamais”. ça, c’est une pensée catastrophiste. Que pourrait-on penser d’autre ? “ça ne fait que 5 minutes, elle est prudente, je peux lui faire confiance, elle est sortie un tas de fois et cela s’est toujours très bien passé, un accident n’est pas forcément mortel etc …” En gros, il faut dans ces moments se forcer à trouver des réponses plus raisonnables et rationnelles et ce, jusqu’à ce que cela en devienne une habitude.

Prendre parallèlement un antidépresseur, pourquoi pas ? Je suis pour seulement si la personne n’arrive même pas à faire l’exercice. Là, le médicament servira de béquille, car il n’y pas le choix pour avancer (mais la prise doit être temporaire). Cependant, n’attendez pas qu’un médicament fasse des miracles si nous ne travaillez pas dur sur vous afin de vous libérer des vos croyances, blocages et traumatismes qui ont installé le TOC.

En effet, le TOC n’est qu’un symptôme et non le problème de fond. Pour les TOC modérés, cela est flagrant : la personne est gonflée à bloc, ultra positive à l’idée de commencer sa thérapie : elle arrivera donc à diminuer ses compulsions, voire ne plus en faire du tout : c’est l’excitation du début. Cependant, au fil du temps, quand la routine s’installera de nouveau, l’envie d’y sombrer à nouveau sera de plus en plus fréquente et sachez une chose : vous craquez une fois, vous êtes foutus : ceux-ci réapparaîtront en masse. Craquer équivaut à avoir fait 10 pas en avant pour 50 en arrière … 

Et si un malheur surgit (ex : nous apprenons la maladie grave d’un proche), vous pourrez être sûrs que les TOC referont leur apparition, vu qu’il s’agit d’un soulagement à votre anxiété trop intense. 

Vous devez donc pour moi traiter le vrai problème de fond pour que le TOC disparaisse pour de bon.

Enfin, en dernier recours et quand les TOC sont beaucoup trop sévères et qu’aucun médicament ou thérapie ne fonctionne, certains traitements comme comme l’électrostimulation et la stimulation cérébrale profonde sont envisageables. Il ne faut cependant vraiment y penser qu’en dernier recours.