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J’ai déjà parlé brièvement des phobies d’impulsion dans le cadre de mon article sur les TOC. Cependant, je pense qu’il est essentiel d’en faire un article complet. En effet, ce trouble est un des plus difficiles à soigner et les personnes en souvent honte d’en parler. 

Je vous parlerai donc plus en profondeur de ce problème en en détaillant les peurs principales pouvant y être attachées. Nous verrons également ce qu’en pense la psychanalyse d’un côté et les TCC de l’autre. Je viendrai ensuite sur les solutions pouvant y être apportées afin de pouvoir retrouver sa liberté intérieure.

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Cette peur peut provenir soudainement, en regardant un couteau par exemple ou en étant en train de partager un repas. Vous pouvez vous demander : “et si je prenais ce couteau et que je tuais la personne avec moi ?”

De là, grosse panique. Vous pensez en effet que cette idée est anormale. Que vous devenez un tueur en série ou que vous avez depuis toujours eu des désirs de meurtre cachés.

Vous éviterez donc soigneusement tout objet tranchant de peur de perdre le contrôle et de vraiment passer à l’acte. De plus, vous pouvez même éviter la personne que vous avez peur de tuer. Souvent, il s’agit de proches très chers à notre coeur.

En plus de ces évitements, vous n’arrêtez pas de ruminer de manière obsessionnelle. Vous pensez que vos pensées reflètent un esprit malsain et tordu. 

La personne n’ose bien évidemment pas en parler, de peur d’aller en prison ou de finir dans un hôpital psychiatrique. Le mal-être est absolu, sans compter la culpabilité d’avoir ce genre de pensées s’y ajoutant.

Une autre variante de cette peur peut être celle d’avoir soudainement des comportements plus qu’inappropriés en public, comme être pris de fou rire lors d’un enterrement, insulter une personne sans raison, bref, perdre le contrôle devant tout le monde.

– La peur de se suicider 

Il s’agit du même type d’angoisse que la précédente, hormis le fait que cette fois, la peur de la violence est retournée contre soi. 

La personne a peur de vouloir mettre fin à ses jours et évitera soigneusement tous les endroits/objets etc … qui pourraient l’aider à accomplir ce qu’elle pense vouloir. 

De même, bon nombre d’idées obsessionnelles vont se mettre en place. La personne tentera sans cesse de se rassurer sur le fait qu’elle ne souhaite pas passer à l’acte. Le problème, c’est que cette technique ne marche qu’un temps et que le besoin de réassurance réapparaît sans cesse.

– La peur de ne plus aimer 

Je classe ce TOC dans la phobie d’impulsion car la personne a clairement peur de quitter son conjoint. Il y a donc un acte qu’elle a peur de poser malgré elle. 

Tout va bien dans le couple mais l’individu va soudainement se retrouver avec une pensée intrusive comme “est-ce que j’aime vraiment mon partenaire ?” 

De là, elle va tout faire pour tester l’amour qu’elle porte à celui-ci : l’analyser de A à Z (ex : est-il assez beau, intelligent, gentil, drôle etc… par rapport à d’autres ?) et analyser ses sentiments envers lui qui lui sembleront forcément moindres. En effet, l’anxiété sera telle qu’elle étouffera le sentiment d’amour qui est porté à son partenaire. Celui-ci est pourtant bien là, mais masqué. Ce qui fait d’autant plus penser à la personne qu’elle n’a plus de sentiment. Elle ruminera donc sans cesse afin d’essayer de se rassurer sur ses sentiments mais bien entendu, cette réassurance ne sera que provisoire. 

Certaines personnes quittent même leur conjoint subitement à cause de ce TOC, mais le regrettent très rapidement pour finalement retourner ensuite  avec leur bien-aimé. 

– La peur d’être pédophile

Cette peur survient souvent lors d’une pensée intrusive en présence d’un enfant. Cela peut être son propre enfant, ou non, ou ses petits-enfants, en les prenant sur les genoux par exemple. La personne peut se dire soudainement “et si j’aimais les enfants ?” 

De là, immense panique car bien en entendu, la pédophilie est très sévèrement punie et répugne les gens.

En plus de ces pensées, la personne peut croire ressentir des sensations en présence d’enfants, comme de l’excitation, alors qu’il n’en n’est rien : c’est l’angoisse qui créée cette sensation. 

L’individu fera donc tout pour éviter les enfants, se distancier d’eux au maximum et ne cessera de ruminer, pensant que ses pensées sont de la pédophilie cachée.

– La peur d’être homosexuel

C’est un peu le même système que pour la peur précédente, mais concernant l’homosexualité. 

Tout survient lors d’une pensée intrusive “et qui me dit que je n’aime pas les personnes du même sexe que moi ?” 

De là, la personne ne cessera d’essayer de se rassurer auprès des autres ou sur ses propres pensées. Les ruminations sont lancées. 

Elle peut même se mettre à regarder des films pornographiques homosexuels, afin de se tester et de voir si cela peut effectivement lui faire de l’effet.

Une autre variante de cette peur peut être celle de vouloir changer de sexe, de devenir transexuel.

Phobies d’impulsion : ce qu’en dit la psychanalyse

– Un désir caché ?

La psychanalyse n’est pas vraiment armée pour traiter cette phobie. Certains prétendent que les phobies d’impulsion proviennent d’un conflit intérieur entre avoir envie de passer à l’acte et ne pas le faire par crainte de représailles. 

Cela peut être dramatique pour certaines personnes de lire des choses comme cela. Il y a plutôt lieu de découvrir ce que la phobie d’impulsion veut réellement faire passer comme message. 

Admettons que vous ayez peur de tuer votre mère, qui est une personne très chère à vos yeux. Pensez-vous vraiment que vous en avez envie mais que vous vous retenez de le faire ?

Quand on a envie de quelque chose, on ressent ce désir et surtout, nous n’en n’avons pas peur. Par exemple, j’ai envie d’une glace, je la visualise, j’en jubile d’avance et je planifie les actions que je vais entreprendre afin de pouvoir réaliser mon souhait : prendre la voiture, me garer au centre-ville, aller chez le marchand de glace. Le tout, sans aucune angoisse… vous voyez où je veux en venir ?

Un tueur programmant un meurtre n’angoisse pas pour cela. Il réagira un peu comme pour le cas de la glace, c’est à dire en jubilant par avance et en planifiant l’acte qu’il souhaite accomplir sans scrupule.

En gros, avoir peur de quelque chose ne veut pas dire qu’il y a un désir caché derrière ! Par exemple, une personne ayant peur des araignées les aime-t-elle au fond ? Un individu ayant peur de se faire cambrioler a-t-il vraiment envie d’être cambriolé ? Non, pas vrai ?

En étant près du vide, on se sent attiré par lui. Ce n’est pas pour autant que l’on a envie de sauter ! 

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– Ou plutôt, une colère refoulée ?

Donc non, la phobie d’impulsion ne cache pas une folie cachée. Par contre, il peut y avoir une colère refoulée en nous, non résolue, s’exprimant par cette peur particulière, de tuer sa mère par exemple. Pourtant, cette peur n’a absolument rien à voir avec l’objet de la colère refoulée, vous voyez ce que je veux dire ? A nous de trouver de quoi il en retourne en faisant un grand travail intérieur sur nous. 

De plus, je pense que nous avons tous déjà eu des pensées violentes, peut-être même de meurtre ! C’est humain. Par exemple, si l’on nous manque de respect sur la route, nous passe devant dans une file d’attente…Et là, avez-vous peur de passer à l’acte ? Non, car vous en avez vraiment envie, ne serait-ce qu’un court instant, mais vous n’allez pas le faire pour autant. Donc si vous ne passez pas à l’acte, même, en en ressentant brièvement l’envie, pourquoi passeriez-vous à l’acte en en ayant peur et surtout, sans en avoir envie ? 

Après, effectivement, nous pouvons tout de même ressentir de la peur en ayant concomitamment envie de quelque chose, mais c’est différent. Par exemple, une personne devant faire un discours devant une foule de monde pourra avoir envie de le faire, au fond, mais pourra en ressentir un trac extrême. Mais ce genre de cas est plutôt considéré comme du stress positif. L’individu ne ressent pas d’angoisse extrême et négative comme dans le cas de la phobie d’impulsion. 

Phobies d’impulsion : ce qu’en disent les TCC

Les TCC sont mieux adaptées aux phobies d’impulsion, car elles aident à rationaliser les pensées que l’on peut avoir et à passer à l’action afin de modifier lesdites pensées.

Pour les TTC, absolument tout le monde a des pensées intrusives de temps en temps,  comme : “tiens et si je plantais le couteau posé sur la table dans le torse de mon voisin ?” Mais en général, les personnes s’étonnent de leur pensée étrange un court instant et passent à autre chose.

Par contre, les personnes anxieuses vont directement s’accrocher à cette pensée, en se disant les choses suivantes : “comment je peux penser quelque chose comme cela ? C’est que je ne suis pas normal, je suis un tueur, au fond etc..”et c’est parti pour le commencement de ruminations incessantes. C’est tout simplement cela qui déclenche la phobie d’impulsion par rapport aux individus non anxieux : le fait de ne pas laisser passer sa pensée, de s’y accrocher et de ruminer encore et encore dessus en cherchant sa signification, alors qu’il n’y en a tout simplement pas. Il s’agit juste d’une pensée. Il s’agit donc tout simplement d’une surestimation de l’importance accordée à ses propres pensées. Une trop grande angoisse, en somme.

Effectivement, l’objet de la peur de la personnalité anxieuse aura tendance à se déplacer. Ce sera un coup la peur d’être assassin, un coup celle d’être pédophile, un autre coup celle d’être transexuel etc…Cependant, en y réflechissant bien, on ne peut pas être tout cela à la fois, non ?

Enfin, ces personnes sont en général vraiment très gentilles et sensibles, plus que la moyenne. Voilà pourquoi elles trouvent intolérable d’avoir ce genre de pensées.

Phobies d’impulsion : les solutions

Pour moi, la psychanalyse ne serait utile que pour, peut-être, trouver l’objet de sa colère refoulée.

Les TCC sont clairement conseillées pour traiter ce trouble. Elles peuvent être accompagnées d’un traitement médicamenteux si la personne n’arrive vraiment plus à vivre normalement. 

Vu que les phobies d’impulsion proviennent simplement de pensées, l’exercice principal consistera à ne pas s’accrocher à cette pensée. A arrêter la mauvaise habitude de vouloir automatiquement l’analyser, en la laissant simplement passer, comme lorsque l’on regarde un paysage défiler assis dans un train. Si vous maîtrisez cet exercice, vous pouvez être certain que la phobie d’impulsion n’arrivera pas. 

Cependant, si vous avez ce système de pensées depuis longtemps, il va probablement vous falloir du temps afin que cette technique fasse effet. Il va donc falloir vous entraîner audit exercice encore et encore et ce, de manière régulière.

Si la phobie d’impulsion s’accompagne de compulsions, comme, par exemple, éviter la cuisine de peur d’y trouver un couteau ou réaliser un geste rituel afin que le drame que l’on s’imagine n’arrive pas, il va falloir travailler sur celles-ci. Retourner progressivement dans la cuisine jusqu’à pouvoir à nouveau toucher un couteau puis cuisiner avec sans crainte, par exemple.

Il existe également un gros manque d’estime de soi dans ce trouble. En effet, les personnes atteintes de cette phobie semblent croire que leurs pensées reflètent un côté très sombre et caché chez elles, alors que si elles avaient confiance en elles, elles auraient conscience de leur valeur et du fait qu’elle ne souhaitent pas passer à l’acte.

Cette phobie apparaît donc chez une personnalité très anxieuse. Il est donc bon de se lancer dans la pratique d’exercices de relaxation, méditation, lâcher-prise…

En complément, vous pouvez également vous faire aider par des thérapies alternatives, comme, par exemple, l’hypnose, l’EMDR (qui fait beaucoup parler d’elle du fait de résultats plus que probants), les soins énergétiques…à vous de trouver ce qui vous correspond le mieux.

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