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La phobie d’impulsion fait partie des troubles anxieux. C’est le trouble le plus difficile à soigner. Les personnes atteintes de ce mal-être ont souvent honte d’en parler, ce qui alimente leur angoisse. Il s’agit d’une peur irrationnelle accompagnée d’une hantise du passage à l’acte. La personne pense posséder un fond malsain et tordu. Vous croyez être un meurtrier ou un pédophile caché, ou redoutez d’être dépressif et suicidaire. Vous avez vraiment l’impression que vous allez commettre un drame qui chamboulera toute votre existence. Enfin, vous pensez réellement que votre angoisse est un désir masqué et que vous risquez de perdre le contrôle à tout instant. La phobie d’impulsion, une peur ou une envie ? Comment vous en libérer ?

Yoga

La phobie d’impulsion peut se fixer sur un ou plusieurs thèmes. Une personne peut avoir une peur immense d’être homosexuelle alors que pour une autre, cette angoisse ne lui viendrait même pas à l’esprit. Elle aura par contre une crainte démesurée d’être pédophile. Voici ici les principales formes que ce trouble anxieux peut revêtir.

La peur de tuer, de faire du mal à autrui

Cette peur peut provenir soudainement, en regardant un couteau par exemple ou en étant en train de partager un repas. Vous pouvez vous demander : « et si je prenais ce couteau et que je tuais la personne avec moi ? »

De là, grosse panique. Vous considérez en effet que cette idée est anormale, que vous devenez un tueur en série ou que vous avez depuis toujours eu des désirs de meurtre cachés.

De ce fait, vous éviterez soigneusement tout objet tranchant de peur de perdre le contrôle et de vraiment passer à l’acte. Vous pouvez même éviter l’individu que vous avez peur de tuer. Souvent, il s’agit de proches très chers à votre cœur.

En plus de ces évitements, vous n’arrêtez pas de ruminer de manière obsessionnelle sur ces idées, qui, pensez-vous, reflètent un esprit malsain et tordu. 

La personne n’ose bien évidemment pas en parler, de peur d’aller en prison ou de finir dans un hôpital psychiatrique. Le mal-être se trouve absolu, sans compter la culpabilité d’avoir ce genre de pensées s’y ajoutant.

Une autre variante de cette peur peut être celle d’avoir soudainement des comportements plus qu’inappropriés en public, comme être pris de fou rire lors d’un enterrement, insulter une personne sans raison, perdre le contrôle devant tout le monde.

La peur de se suicider

Il s’agit du même type d’angoisse que la précédente. Par contre, cette fois, la crainte de la violence est retournée contre soi. 

La personne a peur de désirer mettre fin à ses jours et évitera soigneusement tous les endroits/objets, etc. qui pourraient l’aider à accomplir ce qu’elle pense vouloir. 

De même, bon nombre d’idées obsessionnelles vont se mettre en place. La personne tentera sans cesse de se rassurer sur le fait qu’elle ne souhaite pas passer à l’acte. Le problème, c’est que cette technique ne marche qu’un temps et que le besoin de réassurance réapparaît continuellement.

La peur de ne plus aimer

Je classe ce TOC dans la phobie d’impulsion, car la personne a clairement peur de quitter son conjoint. Il y a donc un acte qu’elle a l’angoisse de poser malgré elle. 

Tout va bien dans le couple, mais la personne va soudainement se retrouver avec une pensée intrusive comme « est-ce que j’aime vraiment mon partenaire ? »

De là, elle va tout faire pour tester l’amour qu’elle lui porte : l’examiner de A à Z (ex. : est-il assez beau, intelligent, gentil, drôle, etc., par rapport à d’autres ?) et analyser ses sentiments envers lui qui lui sembleront forcément moindres. En effet, l’anxiété sera telle qu’elle étouffera l’émotion d’amour qui est porté à son partenaire. L’amour demeure pourtant bien présent, mais masqué. Ce qui fait d’autant plus penser à l’individu qu’il n’a plus de sentiment. Il ruminera donc sans cesse afin d’essayer de se rassurer sur ses sentiments, mais bien entendu, cette réassurance ne se trouvera que provisoire. 

Certaines personnes quittent même leur conjoint subitement à cause de ce TOC, mais le regrettent très rapidement pour finalement retourner ensuite avec leur bien-aimé. 

La peur d’être pédophile

Cette peur survient souvent lors d’une pensée intrusive en présence d’un enfant. Cet enfant peut être le vôtre, ou non, ou vos petits-enfants, en les prenant sur vos genoux par exemple. Vous pouvez vous dire soudainement « et si j’aimais les enfants ? »

De là, immense panique, car bien en entendu, la pédophilie est très sévèrement punie et répugne les gens.

 En plus de ces ruminations, la personne peut croire ressentir des sensations en présence d’enfants, comme de l’excitation. Cependant, il n’en est rien : c’est l’angoisse qui crée cette sensation. 

L’individu fera donc tout pour les éviter, se distancier d’eux au maximum et ne cessera de ruminer, pensant que ses pensées sont de la pédophilie cachée.

 

La peur d’être homosexuel

C’est un peu le même système que pour la peur précédente, mais concernant l’homosexualité. 

Tout survient lors d’une pensée intrusive irrationnelle « et qui me dit que je n’aime pas les personnes du même sexe que moi ? »

De là, la personne ne cessera d’essayer de se rassurer auprès des autres ou sur ses propres pensées. Les ruminations mentales sont lancées. 

Elle peut même se mettre à regarder des films pornographiques homosexuels, afin de se tester et de voir s’ils peuvent effectivement lui faire de l’effet.

Une autre variante de cette peur peut être la celle de vouloir changer de sexe, de devenir transexuel.

Ruminations

Phobie d’impulsion, peur ou envie : avis de la psychanalyse

La psychanalyse n’est pas vraiment armée pour traiter la phobie d’impulsion. Certains prétendent que les phobies d’impulsion proviennent d’un conflit intérieur entre avoir envie de passer à l’acte et ne pas le faire par crainte de représailles.

Phobie d’impulsion : la fausse théorie du désir caché 

Entendre ou lire ce genre de propos peut être dramatique pour certaines personnes. Je pense qu’il faut développer cette idée afin de bien comprendre ce qu’elle veut réellement faire passer comme message. 

Admettons que vous ayez la phobie de tuer votre mère, qui est une personne très chère à vos yeux. Pensez-vous vraiment que vous en avez le désir, mais que vous vous retenez de le faire ?

Quand vous avez la volonté d’entreprendre une action, vous ressentez ce désir et surtout, vous n’en avez pas peur. Par exemple, vous avez envie d’une crème glacée, vous la visualisez, jubilez d’avance et planifiez les actions que vous allez entreprendre afin de pouvoir réaliser votre souhait. Prendre la voiture, vous garer au centre-ville, aller chez le marchand de glace. Le tout, sans aucune anxiété… vous voyez où je veux en venir ?

 Un tueur programmant un meurtre n’angoisse pas. Il réagira un peu comme pour le cas de la glace, c’est-à-dire en jubilant par avance et en planifiant l’acte qu’il souhaite accomplir sans scrupule.

En gros, avoir peur ne veut pas dire qu’il y a un désir caché derrière ! Par exemple, une personne ayant la phobie des araignées les aime-t-elle au fond ? Un individu ayant la hantise de se faire cambrioler a-t-il vraiment le fantasme d’être cambriolé ? Non, pas vrai ?

En vous tenant près du vide, quelquefois, vous vous sentez attiré par lui. Ce n’est pas pour autant que vous avez envie de sauter ! 

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Phobie d’impulsion : le signe d’une colère refoulée

La phobie d’impulsion ne cache donc pas une folie cachée. Par contre, il peut y avoir une colère refoulée en vous, non résolue, s’exprimant par cette peur particulière, de tuer votre mère par exemple. Pourtant, cette angoisse n’a absolument rien à voir avec l’objet de la colère réprimée. Vous voyez ce que je veux dire ? À vous de trouver de quoi il en retourne en réalisant un grand travail intérieur sur vous. 

De plus, je pense que nous avons tous déjà eu des pensées violentes, peut-être même de meurtre ! C’est humain. Par exemple, si l’on nous manque de respect sur la route, nous passe devant dans une file d’attente… Et là, éprouvez-vous l’angoisse de passer à l’acte ? Non, car vous en avez vraiment envie, ne serait-ce qu’un court instant, mais vous n’allez pas le faire pour autant. Donc si vous ne passez pas à l’acte même, en en ressentant brièvement le désir, pourquoi passeriez-vous à l’acte en en ayant peur et surtout, sans le vouloir ? 

Après, effectivement, vous pouvez tout de même ressentir de l’appréhension en ayant concomitamment la volonté de réaliser une action, mais c’est différent. Par exemple, une personne devant tenir un discours devant une foule pourra avoir la tentation de le faire, au fond, mais en ressentira un trac intense. Ce genre de cas est plutôt considéré comme du stress positif. L’individu ne ressent pas d’angoisse extrême et négative comme dans le cas de la phobie d’impulsion. 

Phobie d’impulsion, peur ou envie : avis des TCC

Les TCC sont mieux adaptées aux phobies d’impulsion, car elles aident à rationaliser les pensées que vous pouvez avoir et à passer l’action afin de modifier lesdites pensées.

Pour la thérapie comportementale et cognitive, absolument tout le monde a des pensées intrusives de temps en temps, comme : « tiens et si je plantais le couteau posé sur la table dans le torse de mon voisin ? » Mais en général, les personnes s’étonnent de leur pensée étrange un court instant et passent à autre chose.

Par contre, les personnes anxieuses vont directement s’agripper à cette pensée, en se disant : « comment je peux avoir ce genre de pensées ? C’est que je ne suis pas normale, je suis une tueuse, au fond, etc. » et c’est parti pour le commencement de ruminations incessantes. Voilà ce qui déclenche la phobie d’impulsion par rapport aux individus non anxieux. Le fait de ne pas laisser passer sa pensée, de s’y accrocher et de ruminer encore et encore dessus en cherchant sa signification, alors qu’il n’y en a tout simplement pas. Il s’agit juste d’une pensée. D’une surestimation de l’importance accordée à ses propres pensées. Une trop grande angoisse, en somme.

Pensees obsessionnelles

Les solutions pour guérir de la phobie d’impulsion

Les TCC sont conseillées pour traiter ce trouble. Elles peuvent être accompagnées d’un traitement médicamenteux si la personne n’arrive vraiment plus à vivre normalement. 

Vu que les phobies d’impulsion proviennent juste de pensées, l’exercice principal consistera à ne pas vous accrocher à cette pensée. À arrêter la mauvaise habitude de vouloir automatiquement l’analyser en la laissant simplement passer. Comme lorsque vous regardez un paysage défiler assis dans un train. Si vous maîtrisez cet exercice, vous pouvez être certain que la phobie d’impulsion n’arrivera pas. 

Cependant, si vous avez ce système de pensées depuis longtemps, il va probablement vous falloir du temps afin que cette technique fasse effet. Vous devrez donc vous entraîner audit exercice encore et encore, et ce, de manière régulière.

Si la phobie d’impulsion s’accompagne de compulsions, comme, par exemple, éviter la cuisine de peur d’y trouver un couteau, l’objectif va être de travailler sur ces rituels. Retourner progressivement dans la cuisine jusqu’à pouvoir à nouveau toucher un couteau puis cuisiner avec sans crainte.

Il existe également un gros manque d’estime de soi dans ce trouble. En effet, les personnes atteintes de cette affection. semblent croire que leurs pensées reflètent un côté très sombre et caché chez elles. Si elles avaient confiance en elles, elles auraient conscience de leur valeur et du fait qu’elles ne souhaitent pas passer à l’acte.

Cette phobie apparaît chez une personnalité très anxieuse. Il est donc bon de se lancer dans la pratique d’exercices de relaxation, méditation…

En complément, vous pouvez également vous faire aider, par des thérapies alternatives, comme l’hypnose, l’EMDR, les soins énergétiques, etc. à vous de trouver ce qui vous correspond le mieux.

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La phobie d’impulsion, une peur ou une envie ? Je pense qu’à la lecture de cet article, vous détenez la réponse à cette question. La phobie d’impulsion, comme son nom l’indique, n’est qu’une phobie et certainement pas un désir. Vous pouvez donc vous être rassuré à ce sujet et surtout, vous entraîner à laisser passer ces pensées, surtout dues à votre tempérament anxieux. Souvenez-vous : vous êtes normal.

(Si vous aimez mon travail) smile