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Je pense qu’il est primordial d’aborder le fait de devenir responsable lorsque l’on souffre de troubles anxieux. En effet, si on ne travaille pas sur le fait de devenir plus responsable, il y a fort à parier que notre mal-être subsistera.

Je vous parlerai donc en premier lieu de la victimisation de nos troubles, pour ensuite vous expliquer pourquoi s’en prendre aux parents ou aux circonstances de la vie ne changera rien, bien au contraire. Je vous indiquerai finalement le mode de système de pensées à adopter afin de pouvoir vous dépêtrer du bourbier dans lequel vous êtes fourrés depuis longtemps. 

Lorsque l’on souffre de troubles anxieux et que cela nous handicape au quotidien, nous pouvons avoir tendance à adopter le système de pensées suivant : “pourquoi moi ? pourquoi suis-je si différent ? Pourquoi n’ai-je pas moi aussi droit au bonheur ? C’est à cause de mes parents, j’en suis sûr. A cause de mon environnement. De mes professeurs. A cause des autres en général. A cause, à cause…”

De là peut s’enclencher la tendance à nous victimiser par rapport à notre état. Résultat, nous nous empêtrons de plus en plus dans notre anxiété et celle-ci devient notre seconde nature.

Le problème, c’est que si nous reportons toute la faute sur l’extérieur, comment voulez-vous avoir le pouvoir de changer quelque chose ? Nous pouvons en effet travailler sur nous-mêmes, mais en aucun cas changer les personnes ou certaines circonstances. Nous n’avons généralement aucune emprise sur l’extérieur. C’est donc peine perdue et vain de tout reporter sur celui-ci.

Devenir responsable : c’est de la faute de mes parents

Même sans parler de troubles anxieux, quand nous avons un travers vraiment gênant et handicapant, on se dit forcément que c’est de la faute de nos parents, de notre éducation.

J’avoue que, comme le dit la célèbre chanson, “on ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille”. Alors il va falloir faire avec ce que l’on a. 

Nous n’avons pas les parents les plus parfaits au monde, ce qui est normal, car la perfection n’existe pas. Nous aurons donc forcément des défauts, qui peuvent bien souvent tenir d’eux, c’est vrai.

De plus, il est également vrai qu’aucune éducation n’est similaire.

Les différents types de famille (dans les grandes lignes)

  • Les parents équilibrés

Certains d’entre nous auront plus de chance et grandiront dans un modèle familial ayant une structure de base saine, équilibrée. Ceux-ci ne développeront normalement pas de trouble névrotique ou autre, auront une vie (hors éléments tragiques, j’entends) normale. Je dirais qu’il s’agit d’une grande majorité de la population, 80 % environ.

Ces personnes n’auront donc aucun problème pour rentrer dans les normes sociales . Elles seront donc en général “normales”.

  • Les parents surprotecteurs 

Certains auront une famille peut-être trop surprotectrice (comme la mienne). L’amour ne manque en général pas dans cette famille, ce qui est déjà une bonne chose. Cependant, les parents feront généralement tout à la place de l’enfant et le surprotègeront à outrance. Résultat, l’enfant ne saura rien faire par lui-même et surtout, s’en sentira incapable. Il se sentira un peu comme dans une prison dorée : heureux chez lui, mais paniqué à l’extérieur. Comme un lion ayant grandi dans une cage et découvrant la savane pour la première fois des années plus tard. Celui-ci aura clairement de grosses difficultés d’adaptation par rapport à ses congénères.

En général, ce type d’enfant aura tendance à développer des troubles névrotiques, anxieux, voire peut-être même dépressifs à l’âge adulte, car tous les événements “normaux” de la vie lui paraîtront être une épreuve insurmontable. Ils n’aura pas confiance en lui. Il aura tendance à être hypersensible et se sentira en marge des autres, inadapaté au monde.

 

  • Les parents exigeants

Ce type de parents ne sera généralement jamais satisfait de ce qu’accomplira leur enfant. Il aura tendance à prononcer ce genre de phrases : “17/20 ? Ok mais pourquoi Patrick a eu 19, lui ?”

Résultat, l’enfant aura un poids énorme sur ses épaules qu’il ne pourra jamais évacuer, car, quoiqu’il fasse, ce ne sera jamais assez bon. 

Ce type d’enfants deviendra donc forcément perfectionniste et développera peut-être même une personnalité obsessionnelle, une rigidité extrême. Ils n’arrivera jamais à lâcher-prise, voudra toujours être le premier, le meilleur. Il paraîtra souvent froid, distant et ne sera pas vraiment heureux. 

En effet, quand nous sommes perfectionnistes, nous ne pouvons être heureux, car la perfection n’existe pas …

Rien ne va donc jamais pour ce type de personnes, qui ressent de la frustration permanente et un manque certain de joie de vivre dans sa vie. Il pourra également développer des troubles anxieux.

  • Les parents violents/indifférents

C’est le genre de parents qui ne donnera pas d’amour à son enfant et ça, c’est dramatique. C’est très difficile pour un enfant de souffrir de carence affective. Au risque de paraître niaise, je pense que ce dont un enfant a besoin essentiellement, c’est d’amour.

Certains parents iront même jusqu’à porter la main sur leur enfant, voire même, pratiquer l’inceste…L’enfant pensera que s’il se fait frapper, c’est qu’il a fait quelque chose de mal. Il va donc culpabiliser, alors qu’il n’en est rien. Difficile pour un enfant de vivre pleinement sa vie d’adulte dans ces conditions ! 

Ce type d’enfant pourra être, en tant qu’adulte, extrêmement perturbé, ne rien oser entreprendre. Il n’aura absolument pas confiance en lui, se sentira anormal. Quelquefois, certains reproduisent ce que les parents ont fait mais heureusement, c’est souvent tout l’inverse. Ces adultes seront peut-être même trop surprotecteurs avec leur enfant, car ils ne voudront surtout pas qu’il vive la même chose. 

Quelquefois, ils développeront de plus importants troubles, comme les troubles psychotiques, l’état-limite …Ils pourront également consommer de la drogue et beaucoup d’alcool etc…mais ce n’est pas une généralité. Certains s’en sortent très bien !

  • Devenir responsable : comment pardonner à ses parents

Il faut bien comprendre que tous les parents, sauf cas exceptionnels, souhaitent le mieux pour leur enfant. Sauf qu’ils s’y prennent par rapport à ce qu’eux ont appris, donc pas forcément bien.  Eux aussi ont leurs blessures et traumatismes inconscients et c’est pour cela que certaines fois, ils se fourvoieront. 

Un parent surprotecteur aura généralement une personnalité très anxieuse, inculquée par ses propres parents, lesquels auront probablement été éduqués également de la sorte etc…Vu qu’il pensera que tous les drames possibles peuvent arriver, il protègera beaucoup trop l’enfant, mais pensera bien faire. En faisant tout à sa place, il pensera pouvoir faciliter la vie de l’enfant et la rendre merveilleuse, simple. Au début, ce sera vrai. Cependant, à l’âge adulte, l’enfant aura un mal fou à s’adapter au monde.

Idem pour les parents exigeants, qui ont été élevés eux-mêmes par des parents perfectionnistes. Ils pensent donc bien faire et en contrôlant à ce point leur enfant, pensent que celui-ci suivra forcément le chemin que ceux-ci décident et qu’il fera forcément de bonnes études, aura un grand métier etc … pour que son image sociale soit la plus  valorisée que possible en société. La réussite sociale est en effet très importante pour eux.  Sauf que quelquefois, l’enfant se sentira tellement prisonnier qu’il fera exactement l’inverse de ce que souhaitent ses parents. Et quelquefois, il fera ce qu’ils désirent, mais, du coup, aura un gros masque social et n’arrivera à exprimer sa vraie personnalité.

Les parents violents et indifférents auront généralement eu une éducation extrêmement difficile et dysfonctionnelle. Ils reproduiront également ce qu’ils ont appris. Il est beaucoup plus compliqué de pardonner à ce genre de parents. On se demande en effet pourquoi ceux-ci ont mis des enfants au monde si c’est pour les détester ou les maltraiter. Il faut pourtant essayer de les pardonner, ne serait-ce que pour soi, pour pouvoir avancer. Se dire qu’ils ne font que reproduire ce qu’ils ont eux-mêmes subis et qu’au fond, ce sont forcément des personnes malheureuses. En effet, plus on est malheureux, plus on risque d’adopter de mauvais comportements. Et puis, maintenant que vous êtes sur cette terre, vous ne pouvez plus rien y changer. Alors pourquoi ne pas essayer de vivre votre vie pleinement ? 

  • Devenir responsable : exemples de circonstances où l’on se victimise 

Souvent, nous avons tendance à nous comparer aux autres par rapport à certaines circonstances, souvent négatives et de nous victimiser à cet égard. Nous allons travailler sur ces cinq principaux exemples  : 

– Elle a eu une famille normale et moi non. Forcément, elle a une vie normale et moi je galère avec mes troubles anxieux ! Quel monde injuste ! 

– J’ai perdu mon père à 15 ans et elle, à 50 ans, a encore ses deux parents ! Elle ne sait pas ce que c’est de souffrir ! Cette chanceuse aura été heureuse toute sa vie et moi non !

– Elle vient d’être embauchée, cela fait 5 ans que je suis là. Je lui demande son salaire et elle gagne plus que moi, c’est une blague ! Quelle garce, quel boulot ingrat, je hais le monde du travail ! 

– Elle peut manger ce qu’elle veut sans grossir, alors que moi, je prends un hamburger, je prends un kilo ! La justice n’est vraiment pas la même pour tout le monde…

– J’ai la maladie de crohn, alors que mon amie n’a aucun problème de santé. Elle ne comprend donc pas à quel point la vie peut être difficile avec une maladie ! 

Devenir responsable : comment évoluer grâce à ces circonstances

Nous allons donc maintenant voir comment, au lieu de nous victimiser en prononçant ces phrases, qui ne font que soulever un mal-être profond, nous pouvons prendre nos responsabilités en nous bougeant : 

– Je ne suis pas partie d’un aussi bon pied qu’elle, c’est vrai, mais j’ai déjà vécu des choses plus difficiles. J’ai donc plus d’armes pour affronter ce genre de moments car le fait d’aller mal va me donner envie de travailler sur moi, en me mettant à m’intéresser au développement personnel et donc, à être plus consciente. A force, j’acquérirai la liberté intérieure, chose que bon nombre de personnes ne possèdent pas.

– Certains perdent leur enfant, ont perdu leurs deux parents … si on commence comme ça, on peut toujours trouver pire et mieux que nous. Le fait de connaître la mort plus tôt peut peut-être même aider à accepter celle-ci et à ne pas la rendre taboue comme la plupart des personnes. Car, il faut bien se le dire, tout le monde meurt donc tout le monde connaîtra cela. Quelque soit le moment où cela arrive, qu’est-ce que cela change au final ? S’il y a bien une chose pour laquelle nous n’avons aucune prise, c’est bien la mort. 

– Elle, au moins, a négocié son salaire d’entrée de jeu et elle a bien raison. Si je n’ai pas eu le courage d’en faire autant, ce n’est pas son problème. Il faut bien se dire qu’une fois dans l’entreprise, il est très difficile de négocier son salaire par la suite ! Donc si je ne suis pas contente et que j’estime ne pas gagner assez, eh bien à moi de me bouger pour aller voir mon employeur. Si je ne suis pas augmentée, alors je n’ai qu’à changer de travail. En tant que salariée, je n’atteindrai jamais de toute manière une augmentation de + 100 %, ce ne sera que minime. Donc, si cela ne me convient pas, je n’ai qu’à commencer à me renseigner sur comment lancer son propre business.

– Eh bien, c’est l’occasion pour moi de me lancer dans, par exemple, un rééquilibrage alimentaire. Je mangerai sainement et même si je mangerai beaucoup moins de cochonneries que les autres, j’aurai du coup une bonne santé, un beau corps et je me sentirai bien dans ma peau. J’aurai confiance en moi. Car il ne faut pas oublier qu’on est ce que l’on mange. C’est à dire que les personnes mal dans leur peau auront tendance à manger et à boire des cochonneries, car elle essayeront de compenser leur mal-être par un objet extérieur et dans ce cas, la nourriture. Sauf que cela ne marche que le temps de manger ladite cochonnerie….

– Il s’agit peut-être d’une croyance mais je suis persuadée que nous nous provoquons (inconsciemment bien sûr), la plupart de nos maladies. J’en parlerai dans un prochain article. Certaines personnes sont à un stade terminal de cancer, donc, tant que la maladie ne condamne pas, pourquoi vociférer ? A moi d’apprendre le message qu’elle souhaite me faire passer, de me soigner en conséquence et surtout, me dire que la plupart des individus connaîtront au moins un problème, plus ou moins grave, de santé dans leur vie.

Devenir responsable : conclusion

Je pense que vous avez compris ou je voulais en venir. Il vous faut devenir responsable pour évoluer. Peu importe l’éducation que vous avez eu ou ce qu’il vous est arrivé de fâcheux. On n’y peut rien maintenant. Pas le choix d’avancer et de passer à l’action, car, autrement, en remettant la faute sur l’extérieur, vous ne pourrez jamais changer et resterez malheureux et dans votre statut de victime toute votre vie.

Vous pouvez penser que la vie est injuste. Oui, elle l’est souvent. Pas tout le monde ne semble être logé à la même enseigne, mais, quoi qu’on en dise, la vie n’est pas injuste qu’avec vous. Elle l’est avec tout le monde et ce, de temps à autre. Comme vous. Cela ne sert donc à rien de vociférer des phrases telles que “je ne supporte pas l’injustice” car malheureusement, elle sera de temps en temps présente dans votre vie. Tant pis. 

A vous de passer à l’action afin de rendre votre vie meilleure. Il ne tient qu’à vous et vous seul, de prendre vos responsabilités. Personne ne le fera à votre place. Vous pouvez vous faire aider si cela est trop dur, bien entendu, mais n’attendez pas que la personne aidante fasse tout le boulot à votre place. Vous êtes la seule personne qui peut réellement vous guérir. Sortez maintenant de votre statut de victime, prendez-en au moins conscience, puis prenez vos responsabilités et passez à l’action. C’est la première étape de la guérison.